Avec Causette, parlons au féminin (et pourquoi pas du sexe masculin)

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Je suis allée la semaine dernière à la boutique des arts ménagers de Causette, pour le lancement de leur nouveau « réseau social vraiment social » et j’ai aussi assisté la même semaine à leur table ronde autour du pénis. Et c’était très intéressant. Petit retour d’expérience sur ma première plongée dans le monde des copines, dédié aux « femmes normales mais pas banales » (c’est la baseline de l’association), où les hommes sont plus que bienvenus (assez nombreux contre toute attente pour les 2 événements) : « Ici tout le monde est une copine » (c’est la baseline du réseau social). Pour une fois, le masculin ne l’emporte pas sur le féminin, et c’est plutôt innovant.

Causette, le nouveau réseau social vraiment social

Je vais être très honnête : j’ai succombé à leurs sucettes au chocolat fourrées à la Guimauve. Comment résister ? Elles étaient bien noires, bien rondes, bien fondantes dès qu’on les suçait trop longtemps (je m’arrête là, les symboles phalliques, ce sera pour la suite de l’article)… Bref, l’organisation était super bien calée, l’accueil très avenant. J’ai tout de suite senti une bonne ambiance. Du coup, j’étais toute ouïe au moment du 1er speech. Et, ce qui m’a botté pour vous en parler, c’est que l’initiative est originale. En effet, les commentaires sur le réseau social Causette sont notés en fonction de leur pertinence :IMG_6448

  • Intelligent
  • Culte
  • Drôle
  • Tu sors ! (ben oui, ça peut être utile tout de même)

Et toutes les appréciations positives sont transformées en “vrai argent” reversé à l’association que vous avez paramétrée dans votre compte. D’où le concept de réseau social vraiment social. Je vous laisse apprécier le clip vidéo confectionné pour l’occasion :

INFORMATIONS PRATIQUES :

  • L’application Causette est disponible en téléchargement dans l’Apple Store ou Google Play.
  • Vous pouvez aussi mater le tuto de l’appli pour en savoir plus.
  • Bon à savoir : Si jamais vous souhaitez faire du multi compte, il est conseillé d’utiliser Twitter.
  • Petite participation sympa : N’hésitez pas à leur laisser une note et des commentaires sur App Store & Google Play.
  • Les hashtags : #RéseauCausette #SocialVraimentSocial

La table ronde sur « Le pénis, un sujet hypersensible »

J’ai été invitée à cet événement par l’une des membres du Cabinet de Curiosité Féminine (celui de Toulouse, parce que oui en province aussi ça bouge, et c’est génial), que je remercie au passage. Son message : « Tu viens à la table ronde autour du pénis chez Causette ? » Moi: Pourquoi pas.

IMG_6333Je me suis donc retrouvée une deuxième fois dans la même semaine à la boutique des arts ménagers, avec des intervenants de choix, qui sont des personnalités ayant contribué au numéro de Causette #65 de mars, dont le dossier central en page 36 est intitulé: « Le pénis, un sujet hypersensible » !

Autour de la table :

Clarence Edgard-Rosa, journaliste et blogueuse de Pouletrotique, et Liliane Roudière, rédactrice en chef du magazine féminin Causette, qui étaient les animatrices de cette table ronde et ont monté le dossier sur le pénis pour le magazine Causette.
Florence Montreynaud, militante féministe, cofondatrice des Chiennes de garde.
Dr Kpote, chroniqueur du magazine Causette et animateur de prévention.
Patric Jean, militant féministe et auteur du film La domination masculine.
Philippe Brenot, anthropologue, psychiatre, sexologue et auteur de nombreux livres sur la sexualité au sens large.

Dans la salle, une petite trentaine de personnes (plutôt jeunes) que le sujet intéresse. On commence en beauté avec un clip vidéo que j’avais relayé sur les réseaux sociaux : “Ma bite” de Yes Vous Aime (à voir jusqu’au bout, la chute est bonne).

Les idées fusent, voici celles que j’ai attrapées au vol (“ndla”, ça veut dire note de l’auteur, ces propos n’engagent que moi) :

  • biteLe fait que la « bite » soit un symbole omniprésent dans notre quotidien semble faire consensus: des plots de stationnement à la place de la Bastille.
  • Petit retour historique : initialement, dans l’antiquité, on pensait que l’homme se reproduisait dans la femme, qu’il y déposait sa semence dans le ventre de la femme, vide, qui servait de four pour fabriquer les petits bébés. Partant de ce constat erroné, Florence Montreynaud considère qu’il n’est pas forcément pertinent de parler de reproduction, mais de procréation (ndla: ce en quoi, je ne suis pas tout à fait d’accord, puisque chaque individu reproduit une partie de son patrimoine génétique dans le petit être).
  • J’ai presque envie de vous passer le passage sur Freud considérant le clitoris comme un pénis atrophié, ça paraît anachronique au vu des avancées de la science (ndla : au début de la vie du petit embryon, son sexe est indéterminé, c’est le même dispositif de base qui va créer les petites filles et les petits garçons, on a rien enlevé à la femme, elle contient des merveilles en elle).
  • IMG_6453Le Dr Kapote intervient sur la santé sexuelle dans les écoles et relève que pour les élèves, le sexe de la femme : ça a une odeur, c’est sale, c’est répugnant… Wohhh ! Et il ajoute que les mecs ne pensent pas à leur propre organe de la même façon, alors qu’une teub’ : ça a une odeur, c’est sale, c’est répugnant… Wohhh, Wohhh !

ndla : Égalité, la balle au centre : lavez-vous à l’eau claire avant un rapport sexuel quel que soit votre genre (moi, perso, je ne suce que des bites qui sortent de la douche en général, parce que les mecs que je fréquente ont envie de faire bonne impression). Sortez un miroir, regardez-vous, prenez le temps de regarder l’autre, de dire ce que vous aimez dans son sexe. N’ayons pas peur de dire « J’aime ta bite » ou « Tu as la chatte la plus douce, la plus chaude, la plus serrée de tout l’univers » (c’est ce que me dit mon mari).

IMG_6447

  • La peur de la défaillance taraude les hommes : baiser mal, éjaculer trop vite, en avoir une trop petite… Sur les tables d’opération d’épaississement ou d’allongement du pénis, les hommes ne parlent pas de génitalité, de mieux satisfaire leur partenaire, ils parlent de pouvoir et de mieux se sentir dans leur peau.
  • Petit détour par la sociologie avec un rappel de taille par Philippe Brenot:
    • Dans les années 60’-70’, nous sommes passés d’une société traditionnelle : où Dieu était tout puissant, où la structure était pyramidale et reposait sur le respect des anciens associés à la sagesse, le sujet n’existe pas, seul le groupe compte, par exemple, on ne disait pas le « couple », mais le « jeune mariage ».
    • Dans la société moderne apparaît le sujet (qui choisit pour lui), le couple (où deux sujets “désirant” ont un projet ensemble). Nous sommes sensibles au narcissisme, à donner de l’importance au regard de l’autre. Certaines personnes ont même trop de narcissisme, comme les pervers narcissiques, et certaines n’en ont pas assez et sont dépressives (on parle ainsi de nos jours de « renarcissisation »). De là, il ne paraît pas étonnant que les femmes soient plus dépressives dans notre société.
    • La femme active sexuellement est en plein essor. Dans l’antiquité, les matrones étaient dessous dans le rapport sexuel, alors que les prostituées pouvaient être dessus, notamment à chevaucher l’homme. Même encore dans les années 50’, la fille doit être dans la passivité. Et puis après les études de Masters & Johnson, les femmes ont pu être conçus comme actives dans la sexualité.
  • IMG_6459Le vocabulaire du sexe masculin est assez guerrier  remarque le Dr Kpote : « je vais te défoncer », « je vais te démonter », « la nana je l’ai tuée »… C’est pas faux, les hommes ne sont pas toujours très sûrs de l’effet qu’ils produisent sur les femmes. Sur les sites, on trouve souvent « elle se fait démonter » et jamais « J’aime le sexe avec 3 mecs » (je plussoie grave).
  • « Le consentement » est un terme juridique, « le désir » et « le désir réciproque » semblent plus tangibles pour Florence Montreynaud. Et j’ai retenu aussi une jolie formule : « Quand on ne peut pas dire non, quelle valeur a le oui ? » (ndla : vous ne devez rien à votre partenaire, il n’est aucunement “en droit” de réclamer quoi que ce soit, n’allez pas à l’encontre de votre désir, vous allez vous faire du mal inutilement, laissez vous du temps et un espace de discussion ouverte pour que chacun exprime ses doutes et ses envies)
  • Aujourd’hui, la norme c’est le porno, qui a sélectionné des mecs avec des grosses bites (ndla : je ne dis rien, mon mari aussi fait ça et c’est ma préférence aussi). Le porno véhicule un diktat du « devoir jouir », le culte de la performance est rentré dans les mœurs (ndla : le porno est un espace d’expression, on peut lui faire dire tout et n’importe quoi, c’est protéiforme « le porno », encore une fois, on tombe sur un mot qui englobe plein de réalités).
  • reussirDès que l’on parle des émotions pour les hommes c’est associé à de la fragilité (ndla: un peu comme la gentillesse est associée à la connerie, si on y réfléchit bien… ce qui me rappelle, la jolie carte postale satirique de droite).
  • Le Dr Kapote a remarqué que la masturbation féminine pour les ados, ça signifie doigter une nana (ndla : Ok, bon, je vais faire une vidéo de branlette féminine aux doigts… le palper rouler du clitoris n’aura plus de secret pour personne). Et on a tendance à penser que c’est normal qu’un petit garçon se masturbe et pas forcément une petite fille (que maladroitement on aura tendance à culpabiliser). Alors là, Philippe Brenot, l’a dit et je pense que l’on peut le clamer haut et fort :

« Le corps se construit par la masturbation » !

caresse-clitorisDéfinitivement, j’adore ce gif!


Bonus vidéo sur la domination masculine

Je vous laisse redécouvrir le documentaire sur la domination masculine de Patric Jean de 2009 :

Ndla : Je pense personnellement que la société patriarcale est un système d’organisation humaine reproduit par les hommes et les femmes machistes.

Tout changement commence par le constat partagé.

 

3 Responses to "Avec Causette, parlons au féminin (et pourquoi pas du sexe masculin)"
  1. Mais d’où vous vient cette difficulté à accorder au féminin pluriel ? “celles que j’ai attrapé au vol”, “les femmes ont pu être conçus”… 😉 N’y aurait-il pas là quelque chose à creuser, madame ? 🙂

    • Le français est une langue bien peu féministée… on en oublie les exceptions.
      (non, honnêtement, c’est une faute d’inattention, je n’ai pas de correctrice, ni de correcteur bénévole dans mon équipe unipersonnelle pour l’instant) 😀

  2. Bonjour Eve de Candaulie 🙂 J’ai vu que vous aviez créé un compte sur le réseau Causette, tout comme Emmanuel Créateur. Cela fait bien longtemps que vous n’avez rien posté, votre expérience n’a t elle pas été concluante ?
    Sachez qu a mon sens, votre présence à tous les 2 sur ce réseau a tout son sens. Vous ouvrez des voies inexploitées sur ce réseau, voies qui expriment que la femme peut être libérée, qu elle peut libérer son corps, son esprit, son sexe qu on aime tant cacher, nier, opprimer …
    Ces voies ne plaisent pas à tout le monde, c’est certain … c’est parce que ce monde ne sait pas qu on en a besoin !!
    Merci pour vos perspectives 🙂

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