Mon 1er débat BDSM : le conditionnement

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On a peu parlé de fétichismes et de BDSM sur ce site jusqu’à présent, parce que ce n’est pas un sujet que j’avais envie de distiller au milieu d’autres thématiques et qui mérite que l’on s’y attarde. Je pourrai vous écrire un disclaimer et vous demander de ne pas répéter à la maison ce que des experts font en connaissance de cause, sachez juste qu’il faut vous renseigner sur les règles de sécurité… En tous cas je vous l’annonce :

Nous rentrons dans un cycle de noël BDSM

(avec un énorme jeu concours sous forme calendrier de l’avent BDSM du 1er au 24 décembre)

IMG_4542Le bon docteur Senzo a commencé à me parler des munchs PariS-M (http://www.paris-m.org/) sur une terrasse au Cap d’Agde (« souviens toi l’été dernier »), puis il m’a invitée à une session dont le thème était « le conditionnement »… et comme je suis curieuse et sexploratrice, j’y suis allée la bouche en cœur. Et j’ai bien fait, le BDSM, c’est passionnant! Ah oui, ça veut dire quoi déjà BDSM : Bondage, Discipline, Sado, Masochisme (ça regroupe un paquet de pratiques très différentes).

En fait, les munchs de PariS-M sont des dîners/débats, où chacun(e) peut s’exprimer avec une grande liberté de ton.  Ça se passe en plein cœur de Paris, sur la place de la Bastille, au 1er étage du café Rey, un café parisien tout ce qu’il y a de plus classique : c’est lumineux, aéré, joliment décoré (comme vous pouvez le constater sur la photo de gauche où l’on voit la délicate épaule de la présidente de PariS-M). Honnêtement, à part  Senzo, je ne connais pas grand monde. Je repère juste un polyamoureux au fond de la salle, un couple d’animateurs de l’association des chahuteuses. Alors je m’assois « au hasard », en face d’une très belle femme (accompagnée d’une très belle femme). Elle se présente : Gala Fur! Ah Gala! Je me suis assise en face de la co-animatrice de Senzo, écrivaine, cinéaste et dominatrice.IMG_4548 Je ne peux pas m’empêcher de prendre sa fourrure en photo: j’adore! Elle tient à me préciser que cette jolie fourrure a été achetée chez Emmaüs, parce qu’elle ne fait que de la récup’ (ça me donne très envie qu’elle écrive « la dominatrice éthique », ça me plairait certainement énormément).

Une jeune femme timide vient s’assoir à côté de nous. C’est sa première fois. Elle nous explique ses attentes du monde du BDSM, qu’elle ne veut plus d’un flirt classique: « Si c’est pour se retrouver à picoler dans les bars et finir la nuit avec un type qui tire son coup sans plus, ça ne m’intéresse plus » (ce sur quoi, je la rejoins, c’est vrai que le mode de drague moderne en passant par la case « bar » moi non plus, ça ne me correspond pas, j’aime bien quand c’est un peu plus glamour et indécent). Elle continue son récit : « J’ai commencé à discuter sur les sites de rencontres en ligne, mais j’ai mes critères : pour moi, l’homme que je cherche doit savoir écrire sans fautes. Tu t’imagines si en me donnant un ordre il se trompait dans sa conjugaison : ça casserait tout pour moi! » Oui, alors, là se lance un débat : le partenaire de jeu doit-il être un petit Bernard Pivot ou pas. Gala nous fait partager un retour d’expérience : « Parfois les larbins qui font des fautes d’orthographes sont bien plus efficaces pour le ménage! » Effectivement, même moi je ne choisis pas mes amants en fonction de leur parfait français, mais plus sur leurs « compétences propres », leurs spécificités.

IMG_4540Juste après un énorme pavé de thon (oui, je l’avoue, on dîne très bien au café Rey, je ne pensais pas venir pour des plaisirs si gourmands), le débat s’ouvre par une introduction de Senzo : « Comment préparez-vous une séance? C’est un moment mental érotique qui peut participer à la réussite de la pratique. Par exemple pour une sexualité vanille, le conditionnement, cela peut consister à faire un massage. Il y a des points communs avec la préparation BDSM. On a besoin d’un lieu, d’une ambiance, de certaines conditions, sinon, rien ne se passe. Dans les points spécifiques au BDSM, on trouve en premier lieu le scénario. On échange des mails, des coups de fil. Si l’on veut introduire une nouvelle pratique dans la relation, on discute des scénarios possibles… et puis après la séance, on compare le récit à l’expérience et des nouvelles idées surgissent «Si on faisait plutôt comme ça, ce serait vraiment meilleur»… Il faut être dans l’échange. Si une personne soumise arrive avec une « liste précise de ce qu’elle veut, c’est très fermé pour la personne dominante. Il faut connaître la personne, savoir ce qui se passe dans sa tête, préciser la recherche, les limites. Il s’agit plus d’un cadrage que d’une liste de courses. Après, c’est vrai que l’on trouve partout sur le net des checklists de préférences qui permettent de préciser ce que l’on a déjà fait, ce que l’on aimerait essayer, ce que l’on ne veut pas faire. Mais après dans les soumis, il y a ceux qui ne veulent rien savoir de ce qui va se passer et ceux qui veulent savoir. Il faut savoir composer. »

Gala précise que « certaines personnes ne parlent pas. Tout peut se jouer dans le regard, on peut avancer par tâtonnement. Et parfois, on peut tomber juste ou pas. Mais souvent, si c’est une première fois, c’est excitant. »

IMG_4545Une soumise précise que pour elle, se mettre en condition, c’est ce moment où elle se lave, où elle se change, où elle met son collier et attend son maitre, agenouillée, toute apprêtée, la chaine de sa laisse entre ses mains. J’ai un gros flash-back sur mon rituel de douche brulante, de maquillage, d’habillage déshabillé avant un rendez-vous libertin. Pour le coup, c’est un peu pareil : se sentir propre, parfumée, mise en beauté, écouter une musique énergisante, contribue à l’auto-érotisation.

Puis différentes dominatrices prennent la parole, racontent leur méthode. Et je me rends compte que les profils de domina sont très hétéroclites : fantasque, institutrice, élégante, baroudeuse… Je ne m’attendais pas à tant de diversité. Tant mieux, chacun s’exprime avec sa personnalité, sans s’obliger à correspondre à un stéréotype. Chacune et chacun dans la salle exprime son point de vue sur sa façon de préparer une séance. C’est très instructif.

Une domina explique qu’elle donne des exercices à ses soumis entre deux séances : se masturber et gicler dans des glaçons (tiens, ça me rappelle un jour où j’ai ouvert le congélateur ça… et oui, bon après le concept c’est que l’on peut se les enfiler gentiment dans le c*l), se tripoter sur le bureau de leur collègue et envoyer une photo (ça c’est vicieux), porter une cage de chasteté.

Aux mots « cage de chasteté », Gala semble être contrariée : « De nos jours, même les très jeunes hommes fantasment sur les cages de chasteté. Ils peuvent s’en procurer à bas prix sur internet. C’est compliqué à gérer. Une fois, un jeune homme m’a confié la clé pour un week-end et j’ai reçu des messages le dimanche après-midi. Il était en panique, son sexe gonflait. Il l’a sciée, sur mon conseil. Mardi, je dois rendre la clé à un soumis à midi, mais j’ai un avion à prendre. S’il n’est pas là à l’heure, lui aussi, il va falloir qu’il la scie. C’est une plaie : on se fait du souci! » J’aime beaucoup cette vision à 360°, on ne pense pas assez à la pression que subissent les dominants (cf. le bonus en fin d’article).

J’ai beaucoup ri pendant le munch BDSM parce que chacun y allant de sa petite anecdote, c’était bourré d’humour. Et maintenant quand je pense à une gamelle pour chien (pour soumis ou soumise), plutôt que d’avoir en tête celle que j’ai en inox, je pense à celle que donne Gala à ses soumis : « rose avec un dessin des trois princesses de Walt Disney » (et oui, cette femme ose tout à n’en point douter).

Alors moi, j’adore les débats BDSM : on trouve difficilement plus décadent. J’AIME!


INFOS PRATIQUES :

http://www.paris-m.org/

Café Rey, 111 rue du Faubourg Saint Antoine, 75011 PARIS (métro Bastille)


Teaser

Mardi, je lance mon 1er calendrier de l’avent sexy où vous pourrez jouez

et gagnez une avalanche de cadeaux

avec le grand jeu-concours de noël

du plus grand donjon du monde !

💕


 Bonus

(c’est quand même top la section Bonus de fin d’article, vous ne trouvez pas?)
Pour vous mettre dans l’anbiance BDSM, je vous recommande chaudement « The Duke of Burgundi », un film d’amour lesbien BDSM : si vous pratiquez le BDSM, ça va vous parler à 300% (moi ça m’a beaucoup rappelé une petite soumise en particulier), et si vous ne pratiquez pas, c’est une bonne introduction à la complexité des attentes des soumis dans une relation BDSM.

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