BPMC, Billet 1 : Cloison et sentiments…

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Ni théoricien, ni chef de file, simple “Bon Petit Mari Cocu” (ou BPMC pour les intimes qui se reconnaîtront) j’aborde ici ma perception du candaulisme dans ma vie de couple avec Eve de Candaulie. Entre billets d’humeur et récits érotiques.

Avertissement : mon phrasé est irrégulier, ce qui ne m’empêche pas d’espérer partager avec vous l’expression de mes sexualisations distinguées.

Billet 1 : Cloison et sentiments…

De Lilian, on en reparlera plus tard.

Il faut bien que je finisse par tourner cette clef dans la serrure. Je ne le fais pas à contre cœur et cependant impossible de ne pas ressentir cette petite déception due à ce retour à la normale, due à mon retour dans le monde. Alors oui je fais le mouvement, et pourtant…

Pourtant je me revois quelques instants plus tôt. Dans la cour tout d’abord. Puis lorsque je monte dans les étages.
Lorsque je grimpe les escaliers j’essaye de prendre le plus de temps possible. J’apprivoise le silence. Pour pouvoir entendre, percevoir les bruits de l’immeuble, et au milieu de ceux-ci réussir à capter quelque chose qui se distinguerait d’une sonorisation habituelle. Je n’allume pas lumière pour aiguiser ce sens auditif autant que pour ne pas donner l’impression que je suis là. Pour personne. Encore un instant avant que cela ne change. Encore un instant avant que la présence du tiers, en l’occurrence moi-même, se charge en effet de changer la situation, “leur” situation et relation privilégiée. Je n’allume pas la lumière, et monte calmement donc, pour éviter toute augmentation de la puissance de la respiration qui perturberait ma fameuse écoute.

Bien souvent, malgré cela, le bruit le plus sourd est celui du sang qui afflue aux tempes. Celui-là personne d’autre que moi ne peut l’entendre, et pourtant il en dit énormément sur ce qu’il se passe et sur mon état. Chacun de mes mouvements, de mes pas provoque les mêmes conséquences que si je montais les marches 4 à 4 (je dis ça et en même temps je n’ai jamais monté les étages 4 à 4, je suis candauliste pas perchiste). À en avoir le souffle légèrement coupé et le cœur qui bat, selon ce que j’arrive à capter (ou à croire capter) comme sons, selon mon degré d’excitation. Je me tiens alors devant la porte. Cette fois-ci j’appréhende le silence. Je colle mon oreille contre la séparation de bois, et j’espère entendre. Tout entendre. En espion. Je ne respire plus, et si je crois distinguer le moindre bruissement je suis capable de rester ainsi pendant… pendant… je ne sais pas, “un certain temps”. Souvent j’imagine que le voisin observe par l’œilleton ce que je fais, et trouve soit mon attitude étrange soit se demande quel scandale je vais bien pouvoir faire si par malheur (ben voyons) ce que lui aussi entend signifie bien ce qu’il croit ! Pour tout avouer cela m’excite au fond qu’il se dise en voyant mon inaction “Ben alors on n’ose rien dire ni rien faire petit cocu !?”

Commence alors l’angoisse que quelqu’un d’autre arrive allume la lumière, prenne l’ascenseur, ou pire monte les escaliers, et me vole cet instant auquel je n’ai pas pensé toute la journée mais qui est l’ouverture des débats “excitationnels” pour le mari cocu que je suis. Si les bruits se sont confirmés, je m’assois dans les escaliers. S’ils ne se sont pas confirmés, je les espère encore arriver, et je m’assois dans les escaliers pour les attendre. Tout ça pour dire que finalement vous avez raison, je finis toujours par m’assoir dans les escaliers. Mais à partir de cet instant je ne détache plus ce que je j’entends derrière la porte des restes sonores de l’immeuble, c’est un ensemble un tout une sorte de musicalité normale et terriblement excitante de notre cage d’escalier. Je peux m’imaginer tout ce que je veux. Généralement la réaction physique a accompagné le discernement sonore quand je me tenais debout. Tout du moins cela a éveillé les sens. À partir de ce moment, la force de l’excitation peut être plus intense puisque je peux m’imaginer tout ce que je veux. Et que ce n’est pas seulement de l’imagination puisqu’il se passe bien quelque chose. Puisqu’elle est bien avec quelqu’un. Si les cris sont forts et accompagnés de ses paroles à elle, alors j’imagine qu’elle est “maltraitée” “malmenée” par un véritable amant baiseur pour son plus grand bien à elle. Si au contraire tout est étouffé, que le grincement du lit ne parvient que difficilement jusqu’à l’endroit où je me trouve alors j’espère qu’elle fait l’amour, qu’ils s’embrassent, que c’est un amant lover qui est là. Dans un cas comme dans l’autre j’aimerais prolonger mon invisibilité et pouvoir joindre l’image à l’audition sans que personne ne le sache.

Toutefois comme cela n’est pas possible, je fais donc ce mouvement de la main, débloque la serrure, pousse la porte, me retrouve dans la pénombre de l’entrée et aperçois au fond du couloir une lumière tamisée signifiant leur présence dans notre chambre. Dans notre chambre conjugal. Parce que tout ceci doit se passer dans notre lit conjugal pour que le cocufiage sous cette forme soit complet. Et le regret que je pouvais avoir quelques secondes auparavant de cette intrusion chez moi laisse place immédiatement à l’excitation nouvelle, non pas toute autre mais plus visuelle qui va s’offrir à moi lorsque je vais atteindre sans bruit le bout du couloir. Comme quoi les maris cocus sont également bien versatiles dans leurs excitations, dans leurs envies. On ne peut pas totalement se fier à eux !

Et Lilian me direz-vous ?
Avec Lilian la lumière est souvent plus crue, de la cour je sais déjà que c’est lui. De la cour parfois j’entends quelques bribes de cris. Dès l’entrée dans l’immeuble je peux entendre le lit frapper sourdement contre le mur, et je sais bien que ce n’est pas la machine à laver de 19H. Je peux monter plus calmement, l’excitation de la découverte de ce qu’il se passe est absente, mais celle du fait que tout le monde entende et sache ce qu’il se passe la remplace. Et ceci est d’autant plus grisant si je croise un voisin ou une voisine dans la cour, dans la rue, à la sortie de la cage d’escalier, puisqu’alors cette personne “sait”.

Que retenir de ce premier billet ? Lorsque vous croiserez la prochaine fois un homme assis dans une montée d’escalier attendant dans la pénombre, ne pensez pas forcément qu’il a peut être perdu sa clef et qu’il attend qu’on lui ouvre ; il ne souhaite peut être pas l’utiliser… ou alors il ne sait pas bien s’en servir…


Bonus

Il existe maintenant sur le site dans le menu principal en haut de la page une section SELECTION > Candaulisme. Enjoy!

10 Responses to "BPMC, Billet 1 : Cloison et sentiments…"
  1. Tout ceci est admirablement bien décrit !

    Une question ! Le terme « cocu » a une connotation péjorative (que n’a pas « candauliste » – même initiale – même si, certes, la compréhension de ce mot est moins large). Y a-t-il, dans votre plaisir de « BPMC » une dimension liée à un sentiment d’humiliation ? (ce que je ne sens pas du tout dans vos propos)

    • Réponse de mon petit mari cocu :
      “Le terme cocu m’excite”
      (c’est un peu comme moi qui adore être une “bonne salope”)
      Les termes sont humiliants si on les utilise avec l’intention d’humilier, sinon les mots crus peuvent être juste excitant à écouter
      Et moi, j’adore lui sussurer à l’oreille qu’il est mon “bon petit mari cocu” et sentir sa queue bien raide, bien gonflée, sous mes doigts.
      Des bisous, j’espère que cela répond à vos questions

  2. J’aime beaucoup le phrasé et ce qu’il évoque. Très bel écrit, je vois que vous avez un talent commun: faire monter l’envie d’en savoir plus.
    Vivement, le prochain billet ou le prochain ouvrage ?

    Bises Libertines

    Flo

  3. J’adooooore 🙂 excellent tu vois mon excitation c’est d’espérer la suite et peut être un jour pouvoir lire tout ça …
    En tout cas excellent et j aime beaucoup votre retranscription des sens ou se mêlent fantasme, réalité, cage d’ascenseur et la peur qu’un imbécile de voisin ne respecte pas cette douce obscurité dans laquelle on guette, on s’abreuve, on espère et on redoute le rien et le tout
    donc Merci pour tout ça 🙂

  4. L’avertissement du début sur le style est inutile. L’écriture sait très bien communiquer l’excitation. Pour preuve, je ne ressens pas d’attrait particulier pour le candaulisme et là…une porte s’est entrouverte.

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