Erostick, la déco et l’univers origasmique

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Vous rêvez d’un papier peint gang bang qui puisse plaire à votre grand-mère? Érostick est là! J’adore la baseline « Finis les vieux papiers peints ringards… »

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Et la présentation de la marque en ligne est assez géniale et évocatrice :

erostick : [erosjtiyc]. nom transgenre singulier et pluriel
Une agence de style qui traite des nouvelles sexualités – Aussi torride que décomplexée !
▲1° Une culture, un mouvement, un point de vue, un producteur d’évènements visuels et festifs. ▲2° Par anal(ogie). Une tentative de remise en question de la catégorie et de la norme. ▲3° Déco sexy.Motifs érotiques, papier peint, accessoires, carte postale, sérigraphie. Une manière de militer avec de l’audace, de la joie et des caresses …

Les noms des motifs sont inspirés des mots les plus cherchés sur les sites olé olé, des définitions décalées les accompagnent pour défier la création avec plus d’imagination et dire non aux mots qui enferment.

capture-decran-2016-09-18-a-00-39-37J’ai rencontré plusieurs fois cette année, la jolie Rachel Hipszman, créatrice et fondatrice de la marque Erostick déco. Je me lance dans une interview, partons à la découverte de son univers :

Les motifs que tu réalises sont très captivants, ils ressemblent beaucoup aux kaléidoscopes de notre enfance. Mais quand on s’approche, on distingue des corps entrelacés, imbriqués les uns dans les autres et tous droit issus des sites pornos. D’où t’es venue cette envie de démultiplier les corps nus ?

La démultiplication et le kaléidoscope viennent de l’hypnose thérapeutique qui consiste, si j’ai bien compris, à brouiller les pistes de façon à perdre ses repères pour ne plus avoir de jugement sur ce que l’on vit de façon à être comme nouveau et pouvoir juste accueillir ce qui arrive en se débarrassant de l’histoire que l’on se raconte, soit les croyances auto-réalisatrices, qui enferment le patient dans un cycle infernal. C’est l’idée de lutter contre les idées reçues et le jugement des autres. Ensuite le principe graphique de la vision de près de loin participe aussi à cet effet d’une part et d’autre part à permettre une double lecture (abstrait de loin et surprise quand on se rapproche et quand on découvre ce que représente le motif de près) et un peu de raffinement, et pour que ce soit agréable à avoir chez soi.
Le slogan de la comédie musicale Kinky boots résume très bien l’idée de lutte contre les idées reçues et la catégorie : « you change the world when you change your mind ».
Pour moi c’est une façon de dire que toutes les sexualités et tous les corps et les façons de le/les vivre (dans la mesure ou c’est consenti évidement) ont le droit d’exister dans le sens ou çà n’enlève pas de liberté aux autres et que çà ne les regarde pas non plus.

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Vois-tu la sexualité comme une chose légère ou une chose sombre? Colorée ou en noir et blanc?
La sexualité selon les expériences et la vie en général peut être légère ou plombante comme un peu tout le reste, ce qui n’est pas hyper grave si ce n’est pas plombant trop longtemps. Une sexualité triste peut faire partie du chemin vers une sexualité plus joyeuse. Evidement c’est tellement chouette quand c’est joyeux que ce serait dommage de ne pas chercher à l’égayer quand c’est nécessaire. çà peut prendre du temps et çà non plus ce n’est pas grave.C’est surtout sentir son corps, être bien avec et la relation à l’autre et çà c’est passionnant à mon avis.

Est-ce que tu trouves que l’on manque de visuels vraiment sexués dans notre quotidien contemporain?

Je dirais que les visuels liés à la sexualité dans notre quotidien, la presse féminine, les photos de mode correspondent à quelque chose d’un peu morbide dans le sens ou les représentations en constitue un moule dans lequel si tu ne rentres pas tu es juste exclue. Je le vis plus comme un manque de créativité et une injonction totalitaire sans humour et souvent sans distance plus qu’autre chose. Après il y a aussi des choses chouettes qui existent bien entendu.

Pour cette raison des visuels comme les miens qui véhiculent un message plutôt rigolo voir humaniste c’est plus sympa et çà va dans le sens du vivant. On me dit souvent que c’est audacieux, classe et qu’en plus c’est drôle. J’en suis ravie.

J’avais envie de dédramatiser et de me marrer parce qu’on à pas que çà à faire de se mettre la rate au court bouillon !

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Tu vends des papiers peints, des cartes postales, des tote bags et des sérigraphies aux noms évocateurs : femdom, gang bang, sassy walk, doggy style… Les sites pornos sont-ils vraiment ta source d’inspiration?

Pour les noms des motifs oui. L’idée c’est de prendre les codes d’un style et de les détourner pour en faire autre chose, proposer une autre lecture ou une perspective.

Je voulais jouer avec l’idée d’étiquette, de mots qui enferment j’avais assisté chez Numa à une conférence “porncamp” sur le porno, son avenir, ses innovations, ce que les pratiques que les gens en ont disent de la société. En dehors des problématiques de contenu et référencement, et de morale il s’agissait d’une approche plus sensible et merveilleusement intelligente. Y intervenaient des gens comme Stephane des Aulnois, Antoine Mazières, Ghislain Faribeault. Ils parlaient de sites pornos, de sexe connecté, des mots clefs les plus cherchés sur le web, pourquoi comment, ce que ça dit de la société… c’est de là qu’est venue l’idée de jouer avec les étiquettes des codes du porno, en décaler le sens pour donner une autre lecture. J’ai donc fait appel au sémillant Julien Renou qui écrit des articles gonzo pour Radio Nova et le Mellotron connu également pour sa gaudriole et son ton décalé et je lui ai donc demandé de me rédiger quelques définitions.

– J’ai vu que tu organises des ateliers origasmiques. Je kiffe l’idée. Peux-tu nous confier un de tes précieux modèle pour réaliser un bel origasmi ?

J’ai fait un tuto !

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