Real interview sur la porno performance

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logo pansexuelEn lien avec ma visite du plus grand donjon BDSM porno du monde, j’ai abordé Bnepharious (c’est son nom de scène anglophone), qui se définit lui-même comme un porn performer, pansexuel et freak professionnel (à droite, c’est le logo “pansexuel” que j’ai vu sur un homme tatoué, lors de la soirée du calendrier 2016 de la boutique Demonia cette semaine: je le trouve super beau!).

Partons à la découverte de la réalité vécue dans le monde du porno. Il défend très bien sa profession et c’est vrai qu’elle mérite vraiment du respect, de l’admiration même parfois pour ce service rendu à des millions (peut-être même des milliards) de branleuses et de branleurs sur terre.

Alors, juste pour vous et pour ma plus grande curiosité, dans l’_ _ _ _ _ _ studio, un bar décoré comme un manoir anglais, j’ai interviewé Bnepharious « artiste du sexe » (si je traduis « porn performer » en référence à notre respectable expression française de « travailleur du sexe »)  !NM4A4385Pansexuel, ça veut dire quoi pour toi ?

Ça veut dire que le genre ne constitue pas vraiment un problème, qu’il faut rechercher plus de fluidité entre les genres. Il y a aussi le terme « Queer » qui existe, mais je ressens qu’il a une connotation sociale, comme si c’était une communauté séparée des autres. Par exemple, « gender queer » représente les personnes qui ne s’identifient à aucun sexe. Mais tous les queers ne sont pas gender queers. Donc, moi, j’ai tendance à préférer le terme pansexuel qui est plus direct : peu m’importe le genre des personnes.

Et dans ton parcours, qu’est-ce qui t’a amené au porno ?

J’ai toujours été intéressé par ça. Je suis un artiste-interprète (entertainer & performer). Je jouais de la musique, je dansais. J’ai même chanté dans un groupe de Death Metal. Depuis que je travaille dans le porno, j’ai vu pas mal de typologies de personnes qui y entrent :

– pour mon cas personnel, j’aimais me produire en show. Cela me plaisait de faire des vidéos, avec du sexe dedans, en relation avec une autre personne, de façon à la fois professionnelle et érotique ;

– pour d’autres de mes ami(e)s, qui sont travailleur(se)s du sexe, ils font du porno pour pouvoir dire « Je suis une porn star ou un performer porno », comme ça ils ou elles peuvent montrer ce qu’ils font. Cela les met en valeur. C’est plus commercialisable pour eux de se promouvoir ainsi ;

– pour d’autres, qui sont travailleur(se)s du sexe, c’est safe et relativement facile. Le porno est une bonne communauté dans laquelle t’investir quand tu es travailleur(se)s du sexe ;

– il y a aussi des individus 100% exhibitionnistes, narcissiques qui aiment faire du porn ;

– il y a des gens qui y voient une visée éducative et qui aiment montrer ce qu’ils savent faire, notamment certaines personnes un peu plus âgées ou des réalisatrices porno féministes (par rapport à des réalisateurs mainstream) ;

– et il y a certainement encore plein d’autres catégories…

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Quel a été ton éveil à l’érotisme ?         

J’étais juste un individu coquin. Je suis capable de tourner avec n’importe qui, tant que le scénario m’excite. « I go with the flow ».

Comment tu pourrais comparer ta carrière professionnelle sexuelle et ton expérience personnelle sexuelle ?

J’ai tendance à avoir des activités dans le porno que je ne fais pas dans ma vie sexuelle personnelle. Bien que je sois pansexuel, depuis que j’ai commencé ma carrière porno, je suis plutôt dans la domination (« topping » en VO, ce qui est assez subtil et intraduisible) des femmes biologiques ou transsexuelles. Mais depuis que je le fais, j’ai toujours évité de rentrer dans les clichés de la domination sur les femmes du porno mainstream.

Mais tu fais ça pour avoir de nouvelles expériences ou pour dépasser des limites ?

Clairement pour dépasser des limites.

Et après une expérience extrême, ce n’est pas trop dur de revenir à une sexualité vanille ?

Non, pas du tout. Tu sais, par exemple, en tant que chanteur, quand je suis sur scène, je suis un performer, je fais le show. Ce n’est pas la même chose que de chanter une chanson à une personne, c’est un investissement émotionnel différend. Il y a le business et il y a le plaisir. Mais c’est la même chose si tu es doué de tes mains et que tu es payé pour faire plombier, c’est du business, ce n’est pas la même chose que de réparer des trucs pour tes amis ou chez toi. Ça vaut pour toutes les activités.

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Peux-tu expliquer pourquoi tu aimes particulièrement travailler avec des personnes transsexuelles ?

En fait, j’admire les personnes qui ont la volonté de changer leur corps pour être en accord avec ce qu’elles ressentent à l’intérieur. Pour ma part, je me suis tatoué pratiquement intégralement, pour exprimer comment je me ressens, ou qui je veux être. Ce n’est pas la même chose, mais il y a une certaine similarité avec les personnes qui modifient leur corps en se disant « c’est ce que je veux, je veux ressembler à ça, je vais transformer mon corps : cela ne va pas rendre ma vie plus facile, mais c’est ce que je vais faire ». Je suis vraiment en admiration devant les personnes en transition. Tu dois le dire à ta famille, tu t’exposes complètement au jugement des autres. C’est très beau et très « hot ». J’ai beaucoup d’affection pour la communauté trans. Ça m’excite de voir des gens faire ce qu’ils veulent faire, peu importe les conséquences, tant qu’ils se sentent bien.

Comment est perçue la sexualité aujourd’hui aux USA ?

(un ange passe) Ok, j’ai trouvé : pour te répondre, je vais prendre l’exemple de l’industrie du porno. Quand tu vas en ligne sur internet, tu vas chercher du porno. Quand tu évoques le mot « porno », les gens pensent tout de suite « porno hétéro », comme si c’était un concept implicite. Et là, si tu fais ta recherche sur internet, tu vas être obligé d’être plus précis en cherchant « trans porn », « gay porn », « lesbian porn » etc. C’est comme quand tu dis « cette personne est black », ça implique que la norme c’est d’être blanc. Du coup, sur les sites majeurs du porno, tu vas avoir des catégories comme « tranny », mais c’est un mot que je n’utilise pas car il est un peu offensant pour la communauté transexuelle, dans le sens où les personnes ne deviennent pas transsexuel(le)s pour des clients ou pour être un fétiche sexuel. Idem pour « gay », tout est séparé, tout est vu sous l’angle du fétiche sexuel. C’est pareil pour « interracial » qui implique une femme blanche et un homme noir… Et si c’est une femme noire et un homme blanc, alors ça rentrera dans la catégorie « ebony », ou il ne sera même pas remarqué qu’il s’agit d’une relation « interraciale ». C’est bizarre aussi. Donc l’industrie du porno a des idées assez archaïque de ce qu’est le sexe. Donc, quand tu vas pour te masturber, les choses sont déjà listées pour toi et je pense que ça influence la vision des gens sur le sexe.

Depuis quelques années le porno trans est de mieux en mieux accepté. J’ai été à la « trans porn awards ceremony » à Los Angeles. La première fois, que j’y suis allée, ça s’appelait les « tranny porn awards » et depuis l’année dernière, ça a été rebaptisé comme la cérémonie des « trans erotica awards ». Cela montre plus de respect pour tout le monde.

  NM4A4395Quand les gens se masturbent derrière leur écran, ils adorent le porno. Mais comment ça se passe quand il s’agit d’une rencontre IRL (In Real Life) ?

Ça dépend de la personne. Les actrices porno, on va plutôt les mettre sur un piédestal, mais il y a encore beaucoup de jugement et de comportements méprisant signifiant « Ce n’est juste qu’une star du porno ». Et puis dans une soirée, ça peut passer très bien pour du temps personnel, du temps pour s’amuser, mais en général les gens ont des réticences à faire des affaires, travailler avec des porn stars.

NM4A4144Même à San-Francisco ?

Quelque part oui, parce que même s’il y a une plus grande ouverture d’esprit, je connais des gens qui ont perdu leur job pour ça, ou qui ont été virés de leurs appartements. Bon, ok, il n’y en a pas autant qu’au Montana, Wyoming, Nebraska, où tu peux rencontrer de vrais problèmes. Mais c’est vrai qu’il subsiste encore beaucoup trop de jugements.

Surtout que dans le porno, avec internet, tu peux être reconnu bien des années après. C’est comme un contrat à très long terme…

Oui totalement, cela excite certaines personnes tandis que d’autres le regrettent bien plus tard.

Un petit mot pour la France pour finir ?

Le message que j’ai envie de délivrer sur la vie en général, c’est que la vie est totalement belle et que la seule façon d’en profiter c’est de s’investir à 100% pour faire ce que tu veux faire, sans heurter personne, et en gardant ta propre ligne de conduite. Ne te soucie pas de ce que les autres personnes peuvent penser, et réalise ton propre bonheur.

(entre nous j’adore son t-shirt “ain’t no wifey”, de lutte contre le concept de bobonne: ils est vraiment cool ce performer porno)


Bonus TEA 2015 (trans erotica awards) : YES, pay respect!

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