Le portrait d’une jeune femme expose le quotidien de la jeune Marion, aka Misungui Bordelle

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 Aujourd’hui je vous parle d’un film, qui sort en salle le 28 novembre 2018, et m’a fait rencontrer une personne en mouvement intérieur et extérieur. « Le portrait d’une jeune femme » est un film de Stéphane Arnoux sur Marion, prénom de naissance de Misungui Bordelle, figure emblématique du sex positivisme contemporain. Ce long-métrage documentaire a été primé notamment au festival du film indépendant de Manhattan.

Le pitch : « Marion est de cette génération qui n’a connu comme horizon que la Crise, et qui connaît aujourd’hui la guerre. Une guerre économique, sociale, humanitaire… toute aussi sourde qu’elle est à présent totale. Pour exister et se représenter un après, elle a créé le personnage de Misungui, dont le corps est le lieu où se dispute l’intime avec le politique, de la virtualité de la toile au cœur de la métropole. »

Elle a une vingtaine d’année quand commence les premières prises de sons qui ouvrent le film. Elle est diplômée de sciences Po et d’un master sur la question du genre. On sent dès les premières images qu’elle est « animée ». On suit son quotidien, ses performances ingénieuses, indécentes, parfois remuantes. Elle fabrique elle-même ses costumes, confectionne des artifices en pâtes fimo. Elle est comme beaucoup d’entre nous : en questionnement. Les images du film sont très belles, je l’ai vécu comme un témoignage, celui d’une figure qui ne cherche pas à être mainstream, empreinte de beaucoup d’humanité. C’est donc un film inspirant, qui montre aussi la vie d’artiste allant de squats, en logements sous les toits (je n’en dis pas plus au risque de trop spoiler le film). Je suis restée subjuguée par la beauté plastique de Marion, qui à juste titre donne à voir son corps nu en expliquant que l’intime ne se trouve pas dans le fait de dévoiler  sa peau. On la voit également se mettre en scène sur les réseaux sociaux, rencontrant parfois in real life les personnes qui conversent avec elle en ligne. Son propos politique est omniprésent tout au long du film : face à un problème, on peut choisir le conflit mais ça ne mène à rien de constructif, on peut choisir de s’adapter à la situation mais ça peut être inconfortable, et enfin on peut choisir la fuite, trouver une façon différente de vivre. Ça reprend les 3 réponses programmées dans notre cerveau reptilien : lutter sur place, s’adapter à la situation, ou se mettre en mouvement… même face à un pot d’échappement récalcitrant :

J’ai retenu notamment une phrase de Marion que l’on entend en voix off : « Je n’attendais rien de la société mais j’attendais beaucoup de moi ». Marion est une jeune des villes qui rêve à l’époque du tournage de vivre dans une communauté auto-gérée à la campagne, ce qui rend son parcours d’autant plus touchant. Elle a envie d’un monde meilleur et l’on y croit avec elle.

Voici la bande-annonce :

Portrait d’une jeune femme – TEASER from Les films du chat sauvage on Vimeo.

Ce film est « beau » (oui, vous allez me dire qu’en tant que critique cinématographique, je peux me rhabiller). En participant à l’avant-première, j’ai eu envie de poser des questions au réalisateur Stéphane Arnoux :

– Pourquoi as-tu choisi de suivre particulièrement Marion pendant un an pour ce documentaire ? 
En fait je l’ai suivie pendant près de deux ans. Je l’ai d’abord suivie sur les réseaux sociaux, où elle était très active, tant érotiquement que politiquement. Ça m’a intéressé à cause de ce que ça dit de cette modernité où chacun fait le marketing de soi. Sauf que là, il y avait un propos plus grand que ça, au delà de l’ego. J’ai pensé à Foucault, à la notion d’estime, et je lui ai écrit un scénario dans ce sens. Ça a résonné avec sa démarche et on a commencé tout de suite.
– Comment communiquiez-vous pour capter tous ces petits moments (comme le déménagement du squat en pleine nuit par exemple)? Ça s’est fait spontanément ? 
Nous communiquions le plus simplement du monde pour se proposer des scènes directement filmées dans le réel, dans l’urgence de celui-ci, ou pour prendre des temps d’introspection, ou de mise en scène de choses plus écrites, conçues en amont.

Bonne séance à toutes et tous

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