Interview de Nicolas Busnel : Comment devenir Designer de sextoys?

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home-5-newNicolas Busnel est designer de sextoys professionnel (et oui, ça existe, ça fait rêver, non?).  Et il lance un appel à des volontaires dans le Sud de la France qui peuvent se rendre de temps à temps à Marseille (voir en fin d’article).

Nicolas fait partie de Lovely planet (créateur, grossiste et distributeur de sextoys, de lingerie, de produits pour le corps, de jeux coquins et d’accessoires glamour).  Mmm… ça donne envie!

J’ai eu la chance de rencontrer cet expert français du Sextoy : Trop bien! Comme je suis curieuse de nature, j’avais plein de petites questions à poser  :

Comment es-tu devenu Designer de sextoys ?

Nicolas Busnel : À l’origine, j’ai une formation de design de produits, de conception, d’accompagnement des marques pour de la création de produits et du marketing global. Sur le marché, il manquait cruellement de produits dont je pouvais avoir envie. Ce qui m’a toujours intéressé, c’est de travailler sur ce qui n’existe pas. Sur les sextoys, il y avait une lacune énorme d’approche ludique, safe, ergonomique, ce qui m’a incité à faire des produits. Au départ c’était plus pour m’amuser, et puis après, c’est devenu de plus en plus sérieux, notamment sur la partie ergonomie.

Par quel produit as-tu commencé ?

Nicolas Busnel : J’ai commencé avec une amie designeuse, par un produit qui s’appelait le Enjoy. C’était un jouet phosphorescent avec des anneaux amovibles qui rendaient l’objet utilisable de plusieurs façons différentes.

Du coup, c’est une expérience qui t’a plu et tu as continué…

Nicolas Busnel : Oui, après, j’ai fait du détournement d’objets, parce que j’aimais bien ça.

Ah oui, la fraise en plug anal, c’est une de tes conceptions ?

Nicolas Busnel : Ah non, la fraise, ça ce n’est pas de moi. C’est un modèle que j’ai pris en licence parce que c’est un mec qui a fait ça comme ça, pour se faire plaisir, et que j’ai trouvé l’idée originale. Et puis ça allait bien avec la cerise et la banane que j’ai conçues.

lovely-planet-sextoysAhhh ! La cerise et la banane, c’est de toi !

Nicolas Busnel : Oui ! Ce ne sont pas forcément les produits les plus ergonomiques mais c’est avant tout un clin d’œil à la démocratisation du sextoy, au sein de la marque « sexe, fun & Rock’n roll ». Ce n’est pas un indispensable, mais on peut en avoir envie.

Après, j’ai fait d’autres produits : le Cry baby, le Secret bullet, l’œuf télécommandé… parce que j’avais lu dans ma jeunesse l’œuvre de Manara et que j’étais fan de Manara.

Mais c’est la collection « Déclic » que j’ai fait gagner à noël en partenariat avec la boutique Demonia!

Nicolas Busnel : En fait, au début du projet, j’ai pensé à la BD de Manara et puis après je suis carrément allé le voir pour lui demander de me céder la licence « Déclic » et la mention de « Manara ».

sextoysC’est très joli, vraiment, le rendu est très beau!

Nicolas Busnel : Aujourd’hui, quand je pense à un produit qui serait intéressant à développer, je m’y mets.

Il faut beaucoup d’énergie, de temps, pour aboutir à un projet sérieux. Il y a 10 ans, il y avait tout à faire. Maintenant, il y a beaucoup de gens qui développent de bons produits, donc je m’aventure moins facilement dans la création.

Est-ce que tu penses que le marché est saturé ?

Nicolas Busnel : Non, il manque encore quelques produits spécifiques, qui peuvent devenir peut-être à usage grand public.

Quelles sont les tendances dans ce qui existe ou ce qui va exister ?

Nicolas Busnel : Dans ce qui existe aujourd’hui, ce qui est intéressant, qui commence à prendre vraiment forme, c’est qu’il commence à y avoir de vrais bons produits pour chaque utilisation. Auparavant on avait un sextoy qui semblait répondre un peu à tout, et maintenant, ça devient assez pointu. C’est pour ça que l’ergonomie est quelque chose qui me préoccupe beaucoup. C’est l’assurance d’une satisfaction client. On est passé de produits markétés, rigolos, funs dans le love business à des produits avec une vraie utilisation et qui ont une garantie satisfaction consommateur. On va faire un produit pour le clitoris, un produit pour le couple, pour le point G… Il y a plein de bons produits, la difficulté c’est de les déceler, d’avoir un bon conseil. On bosse beaucoup avec les magasins. Il n’y en a pas partout. Côté présentation, ça s’améliore, j’ai vu beaucoup de nos clients relooker leur magasin.

cerises_sextoyOn aurait envie de pouvoir y rentrer comme dans une parapharmacie, avec des vitres transparentes…

Nicolas Busnel : Il y en a quand même pas mal.

Ah bon ?

Nicolas Busnel : Peut-être plus en province qu’à Paris.

Tu as des recommandations ?

Nicolas Busnel : C’est délicat pour moi d’en mentionner, parce que je risque d’en oublier.

Allez, dis-nous pour nos lecteurs lyonnais (spéciale dédicace)…

Nicolas Busnel : Il y a Body House par exemple à Lyon, c’est une très belle adresse, avec du conseil et une sélection de très bons produits.

Tu me disais avant de commencer l’interview que tu avais un appel à candidature à lancer pour nos ami(e)s près de Marseille ?

Nicolas Busnel : Oui, dans la conception de sextoys, la partie qui pour moi est encore difficile à appréhender, ce sont les phases d’essai des prototypes. En fait, dans les étapes de création de produit, on n’est pas tout de suite au produit final. On se demande si la forme est bonne, puis la matière, puis le moteur, puis les fonctions, avant de passer à la puissance. C’est parfois difficile de tester la puissance d’un moteur dans un produit qui n’est pas le produit final.

Il y a pas mal de testeurs de produits finis, mais je cherche des personnes sensibles à la partie amont de conception du produit. Sur un sujet qui est aussi intime, on a besoin de personnes qui soient capables de livrer leur sentiment et de participer à l’élaboration d’un produit, parfois même sans utiliser le produit, par exemple dans le cas d’une maquette 3D. L’objectif pour moi est de créer un collège d’experts, qui partagent un langage commun. Je cherche des passionnés.

Donc, question n° 1 chers lectrices et lecteurs : Pouvez-vous vous déplacer occasionnellement à Marseille?

Si, oui, vous pouvez envoyer quelques lignes de présentation de vous, de votre rapport aux sextoys, de vos motivations pour faire partie du collège d’experts Lovely Planet à :

contact@lovely-planet.fr

En France, on n’a pas de pétrole, mais on a des idées et le goût des bonnes choses !

Candidatez, candidatez!


 Mixgliss-maxBonus : le secret de la formule magique

Nicolas m’a livré un secret d’expert : tous les lubrifiants en silicone ont à peu près la même formule. En revanche, pour les lubrifiants à base d’eau, c’est un vrai travail de recherche et le mix gliss max atteint la meilleure formule.

Ha ha… C’est plutôt alléchant, je testerai ça, promis.

6 Responses to "Interview de Nicolas Busnel : Comment devenir Designer de sextoys?"
  1. Lol c’est excellent je t adore 🙂
    Pour ce qui est des lubrifiants c’est clair que les différence sur les lube silicone sont assez fines il faut vraiment être tres fine pour sentir les nuances (exception des trucs chauffants à la con)
    Par contre les lube à base d’eau qui sont nécessaire pour 80% des jouets (sauf verre, metal et ideedudesir of course) eux sont tres tres différent je colle et lubrifie bien je luburifie comme du sable mais ne colle pas je lubrifie je colle pas mais je pue … y a du boulot 🙂

  2. Excellent 🙂 ca va me faire rire cette histoire de conception de jouet 🙂
    Juste un mot aux boutiques, aux love house comme on dit maintenant : Le relooking c’est bien, c’est très important mais l’accueil !!! c’est juste indispensable !!!
    Si le personnel est un peu coincé, trop pressant, jugeur … rien de tel pour faire fuir le chaland. La grosse différence entre une love house et une boutique en ligne c’est justement le personnel, la compétence, l’accueil si cette partie est absente autant passer par les boutiques en lignes souvent moins chère et avec plus de choix.
    Il y a vraiment un travail de conseil et de partage à faire en boutique pour amener un réel plus.

  3. Une interview honnête et sincère, où le plaisir prime sur le business ! C’est suffisamment rare pour le noter.

    J’ai aimé voir le souci du détail du concepteur, Nicolas Busnel, qui ne laisse rien au hasard de ses créations : ergonomie, texture, matière, moteur… J’ai trouvé cela intelligent et pertinent.

    Nombre de créateurs devraient prendre exemple, car certains sextoys sont pratiquement inutilisables : des formes trop singulières, des matières de piètres qualités et pelucheuses, des godes d’une dureté presque cadavérique… et j’en passe !

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