Paris libertin by Ressan (prises “de vues” dans le feu de l’action)

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147Ressan est un témoin précieux des activités du monde du libertinage et a sorti un SUPERBE livre de photographies érotiques libertines : Paris libertin by Ressan.
Nous nous sommes rencontrés dans une soirée de gang-bang organisée par Z où il était venu faire un reportage et où j’étais venu “juste dire bonjour” et déballer une jolie femme nue enrubannée dans du Cellophane (un épisode raconté dans mon deuxième livre qui va paraître avant l’été : je vous dis tout). Et puis, il est venu chez moi… oui, oui, oui…

Pour m’interviewer il y a quelques années pour le Magazine Couples. Et de fil en aiguille, il m’a invité à une soirée libertine “Deluxe” dans un grand appartement au cœur de Paris (j’ai même gardé une photo de Ressan de cette soirée… la classe) : c’était somptueux!

Et quand Ressan m’a dédicacé son livre de photos, j’ai eu l’impression d’avoir déjà été plongée dans toutes les ambiances indécentes qu’il a capté. C’est très réaliste! Et c’est ce qui fait de ce livre une œuvre unique (pour moi, l’un des premiers vrai livre de photos sur le monde du libertinage parisien contemporain).

Allez, petite interview de celui qui sait se faire discret dans l’intimité la plus torride :

203Quand je feuillette ton livre, je le trouve très direct (sur quelques beaux plans de fessiers notamment) et très élégant. Quel est ton secret pour mélanger si subtilement la pornographie et l’érotisme?

Ressan : Dans ce type de sujets photos où l’on aborde la sexualité des gens avec une telle proximité, il est absolument nécessaire de montrer la réalité des scènes sans pour autant tomber dans la vulgarité. J’ai pu durant 3 ans travailler avec une entière liberté car les couples qui m’ont accordés leur confiance savaient que je montrerai d’eux une image qui les valoriserait, qui traduise de manière esthétisante leur mode de vie sans les ridiculiser. Beaucoup de libertins étaient très heureux de pouvoir partager ce projet justement parce que je montre une vision du libertinage assez classieuse. Nombre d’entre eux étaient très excités de pouvoir être vu sans être reconnu, jouer avec la transgression fait partie du jeu.

556Les hommes habillés sont souvent en costumes trois pièces, parfois maqués comme dans Eyes wide shut. Les femmes sont peu vêtues mais très accessoirisés (fans de Patrice Catanzaro et de bas, vous serez aux anges). Comment as-tu fait pour que les gens respectent un tel dress code, si chic (moi, je sais, mais je te laisse répondre)?

Ressan : La plupart des soirées auxquelles j’ai été invité et qui m’ont permis faire ce livre, se situaient généralement dans de très beaux endroits et avec des gens qui avaient un soucis du détail vestimentaire. Je les photographiais tels qu’ils étaient et je faisais en sorte de ne pas intervenir ou le moins possible justement pour rester dans quelque chose d’authentique. Ce qu’il faut savoir c’est que ces moments-là reposent essentiellement sur des jeux de séduction. On est dans des moments où la mise en scène est très importante. Pour la plupart des gens qui ont ce type de sexualité, c’est un peu la cerise sur le gâteau, un moment où les rencontres sont possibles si les gens font des efforts pour séduire l’autre. Tous ces couples vivent ces moments-là comme des parenthèses dans leur vie.

Pour autant le milieu libertin est très divers car beaucoup de gens vivent leurs envies avec des scénarios divers, voire des situations très différentes. Des gens très aisés peuvent avoir comme fantasme, de réaliser des jeux dans un parking au 3éme sous-sol, avec un mari désirant offrir sa femme dans un endroit glauque et d’autres privilégiant les endroits plus cosy. On m’a parfois demandé de faire des images dans ce type de situations, je conçois que ça puisse être très excitant de réaliser ce type de fantasmes, mais perso, sur un plan purement, je n’arrive pas à y trouver de l’inspiration.

30Dans le livre, tu intercales des photos de sexualité libertine vanille, de rapports D/S (Domination/Soumission) ou de BDSM pur et dur (notamment dans une cave de domination). Comme ce sont des univers qui se mélangent encore trop rarement, peux-tu nous expliquer ce parti-pris?

Ressan : Il y des univers qui ne se côtoient jamais ou très rarement, le milieu du BDSM est parfois allergique au milieu libertin car les fantasmes ne sont pas les mêmes, l’un est cérébral, l’autre est plus concret où le sexe doit être présent dans le jeu. Dans le BDSM, le sexe n’est pas une fin en soit, tout se passe dans la tête, c’est une autre approche plus subtile. Pour autant, j’ai la chance d’être reconnu dans ces deux milieux et je ne me suis pas privé pour tenter d’en faire ressortir de belles images. Dans le BDSM l’esthétisme, la mise en scène est poussée à son paroxysme, c’est très intéressant coté visuel. Pour ce qui me concerne sur un plan purement photographique c’est la montée en tension, ces moments où tout peut basculer entre les gens, où il y a un jeu, mais une fois que les jeux commencent c’est déjà moins intéressant pour moi, la nudité n’aura jamais la force d’attraction que peut avoir une situation où l’on devine, où l’on interprète, où l’on imagine.

963Tu représentes aussi très bien la diversité des orientations sexuelles avec des scènes entre femmes, et fait très rare dans le libertinage, des scènes entre hommes uniques en leur genre. C’est très beau. As-tu ressenti une certaine fierté à montrer tout l’érotisme de ces échanges?

Ressan : Je ne me voyais pas prétendre montrer la diversité des sexualités sans aborder toutes les facettes que les gens vivent dans leur intimité. Dans ce milieu les rôles peuvent changer en fonction des situations. Il ne faut pas perdre de vu que tout cela ne sont que des jeux entre adultes consentants et que les envies peuvent évoluer en fonction des situations. Les limites de chacun sont sans cesses mises à l’épreuve. Beaucoup ont été agréablement surpris par la présence de deux hommes ensemble, cela me paraissait essentiel que cette situation soit montrée car elle fait partie des jeux de plus en plus en vogue dans ce milieu. Je n’ai pas conçu ce livre en pensant aux clichés du porno où la femme est au centre mais bien comme des situations croisées ou tantôt on y verrait des femmes soumises mais aussi des hommes soumis, des femmes bi mais aussi des hommes bi, par nature je n’aime pas les tiroirs où il faudrait ranger chacun dans sa petite case.

Les photos de ton livre Paris libertin by Ressan montrent beaucoup de soumises, mais aussi des soumis. Penses-tu que le BDSM soit un domaine où la parité hommes/femmes tend à se développer?

ressan_photo-42Ressan : Oui ce phénomène prend de l’ampleur dans le milieu libertin et pas seulement dans ce milieu, un livre comme 50 nuances de Grey a énormément contribué à banaliser les jeux domination/soumission. Je pense que le rapport de force est en train de s’équilibrer. J’ai l’impression que les femmes trouvent une place plus équilibrée dans le rapport homme/femme. J’aurais pu trouver 50 soumis si je l’avais voulu, en revanche peu auraient accepté la présence de mon appareil photo, car beaucoup sont mariés et donc le font en cachette. J’ai eu la même difficulté à trouver des hommes bi qui assumaient ma présence de photographe, mais il semble que les femmes ne manquaient pas de contacts de ce genre dans leur carnet d’adresses. Et puis ce chemin parcouru vient aussi du fait que les femmes osent plus exprimer leurs fantasmes que par le passé, et ce fantasme d’avoir un homme à ses pied beaucoup de femmes en avaient envie, peu osaient l’exprimer.

Sur le site de Paris Derrière, dans l’article “Objectif au cœur de l’orgie”, tu parlais de la démocratisation du libertinage, de l’absence de barrière sociale dans le milieu. Même si le cadre est chic, tout le monde peut participer aux soirées libertines que tu as pu photographier?

Ressan : Le monde libertin est très disparate les gens se côtoient sans se demander ce qu’ils font dans la vie, d’ailleurs je pense que c’est l’un des seuls espaces où des femmes et des hommes peuvent se retrouver au lit sans qu’il aient un point commun, ce qui est assez rare. J’ai parfois vu des couples à l’aise financièrement s’encanailler avec des couples ou des hommes qu’ils n’auraient jamais croisé si le sexe n’avait pas été le lien qui les réunissait.

Est-ce que tu vas continuer la photographie pour nous transmettre ta vision actuelle du libertinage?

Je commence à travailler sur le N° 2 en sachant me renouveler pour ne pas décevoir ceux qui auront aimé le premier.

Allez, je vous laisse foncer acheter ce livre collector (vous pouvez aussi le commander avec dédicace, c’est un superbe cadeau pour soi ou à offrir à tous les gens que l’on aime vraiment bien).


INFORMATIONS PRATIQUES

Paris libertin by Ressan, 239 pages de papier délicieusement glacé, 69€ (rien que pour le symbole, j’aime le prix et la qualité du livre est vraiment impressionnante)

Liste des points de vente : disponible en ligne.

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4 Responses to "Paris libertin by Ressan (prises “de vues” dans le feu de l’action)"
  1. J’ai eu le plaisir de connaitre Ressan il y a quelques années lors d’une soirée dans un club libertin proche de Sedan.Il était en reportage pour “CoupleMagazine” et il a pris quelques photos de mon épouse en train de coquiner avec une femme.Ces photos ont accompagné l’article paru le mois d’après.J étais (et je suis toujours) très fier de cet article et j’ai toujours gardé ce magazine précieusement ainsi que les photos qu’il m’a gentiment envoyé.
    Bien entendu je vais me procuré son livre et s’il lit ce commentaire, qu’il sache que je garde un excellent souvenir de lui et de cette soirée…
    Merci à Evedecandaulie de lui avoir consacré cet article afin de le faire connaitre un peu plus.Son talent le mérite!!

  2. J’ai trouvé très beau cet album – que j’ai offert à une amie libertine – vraiment un beau travail photographique et, effectivement, quelques scènes rares.

    Après, ce que je reprocherai éventuellement (juste parce que j’aime bien chipoter !), c’est qu’on reste dans un univers très chic : les corps sont minces, pour la plupart, les lieux raffinés, les tenues chics, tout cela entretient – malgré le mélange dont parle Ressan dans ton interview – l’image d’un libertinage élitiste qui n’est pas celui dans lequel je me reconnais le plus.
    Mais aurais-je autant apprécié les photos sinon ? Là est peut-être ma contradiction 😉

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