Rencontre avec V., libertine, blogueuse de Pervextrasion

Dernières parutions

Catwoman1Petite interview de V., libertine, un petit matin au soleil, à la lisière entre la perversion et de l’extraversion.

V. a la trentaine, comme moi. Elle est pétillante, souriante, son regard est caché derrière des lunettes de soleil fumées. Elle me fait penser à Catwoman, sensuelle et mystérieuse. J’ai très envie de l’abordée (ok, ok, j’ai été beaucoup aidée par un charmant charmeur, mais ça c’est une autre histoire). Elle griffonne le nom de son blog sur mon manuscrit en cours de relecture, et c’est parti, je m’installe à côté d’elle, une fois la dernière bouchée de mes tartines avalée. Je bois mon café brûlant, finis mon jus de pamplemousse glacé et je lis à voix haute pour être sûre que j’arrive à relire son écriture aérienne : http://pervextrasion.blogspot.fr/

catwoman_challenge_by_joel27-d6037rw– Cela fait longtemps que tu tiens le blog pervextrasion ?

– Cela fait 3-4 ans. En fait, ce blog est issu d’une relation avec un homme, que je vois très régulièrement, et que j’ai parfois appelé « le révélateur ». J’étais déjà libertine avant de le rencontrer. Je l’ai rencontré dans un club. Il m’a permis de complètement me lâcher et d’aller bien au-delà des limites que je pouvais envisager.

– Mais plutôt dans un cadre de domination ? De soumission ? Ou autre ?

– Sur tous les plans.

– Tout ?

– Tout. Tout et n’importe quoi. C’est vraiment l’idée de se dire : « Tant que l’on n’a pas essayé, on ne peut pas savoir. Alors essayons ! »

– J’adhère totalement à cette philosophie !

– Et pervextrasion, c’est une contraction de « perversité » et « extraversion ».

– Est-ce que tu trouves toi aussi, que lorsque tu ne connais pas une pratique, tu t’en fais toute une montagne, et finalement quand tu essayes, tu te dis que si ça plaît à certaines personnes, ce n’est peut-être pas pour rien…

– Oui, le libertinage c’est être curieux des gens, dans le sens où il n’y a pas que le sexe dans le milieu libertin, tu rencontres aussi plein de personnes, d’univers complètement différents. Donc, c’est de la curiosité du corps et de la curiosité des esprits. Notamment, tout ce qui était du domaine du BDSM était une terreur pour moi : « Surtout pas ! Jamais de la vie ! Parce que j’ai peur, parce que je ne veux pas avoir mal… ». Et puis, en fait, une fois que tu es dedans et que tu es avec quelqu’un en qui tu peux avoir une entière confiance, ça coule de source… Wow !

catwoman-batmangrip– Oui, ça change tout une fois que tu es en confiance et que la personne est experte…

– Ah non, il n’était pas plus expert que moi. Ça a fonctionné, parce lorsqu’on s’est rencontrés, nous étions sur le même délire à ce moment-là.

– Tu racontes tes aventures libertines sur ton blog ?

– En partie, il y a à la fois du réel et de l’imaginaire. Au sein d’un récit, souvent je me base sur mon expérience, autour de laquelle je brode. J’ajoute des détails qui n’ont pas existé ou des choses qui, sur l’instant, me font fantasmer. Je t’ai vu avec ton manuscrit et j’ai vu que tu lis et relis, tandis que moi, j’écris « à l’arrache » et je relis très peu. Je me refuse à corriger, même s’il y a des fautes. Je veux laisser les choses brutes, parce qu’elles sont plus teintées d’émotions pour moi.

– Ce n’est pas tout à fait la même chose. Sur le blog, ça peut être très spontané. Là, je travaille sur un récit narratif de 200 pages, il faut que ce soit cohérent et abouti.

– Oui, c’est normal, c’est à but de publication. Ce que je fais est très intimiste. C’est presqu’auto-érotique.

Catwoman1-page– Ça te plaît quand tu l’écris…

– … Oui, et de temps en temps, je vais en relire. Et je me dis : « Ah oui, cet élément là, ça c’est vraiment passé comme ça, celui-là non ». J’aime faire travailler l’imaginaire des gens, notamment ceux qui me connaissent. Et les laisser dans le trouble afin qu’ils ne sachent pas ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas.

– Quelles sont tes plus belles découvertes libertines ?

– Ma première soirée privée. C’était très surprenant, dans un endroit magnifique en région parisienne, complètement hallucinante. C’était gigantesque. J’étais en couple et nous étions invités via netech. C’était vraiment ma première fois, et le jour même, je m’étais fait percé les tétons.

– Ohhh ! Donc, il ne fallait pas les toucher.

– Oui, c’était le jeu toute la soirée. Et quand on est arrivés sur place, on ne savait pas qui nous avait invité et il s’est avéré que c’était quelqu’un d’extrêmement connu.

– Un people ou quelqu’un de connu du milieu ?

– Un people ! C’était complètement incroyable, il était très expérimenté.

– C’était l’orgie ?

– Oui totalement.

– Ah ça c’est bien (oui, je suis très orientée sports collectifs).

– J’adore ces moments où les limites des uns et des autres sont floues. Et que tu ne sais plus vraiment qui tu es. Tu ne sais plus vraiment qui tu as en face de toi. Ça j’adore. Mais, c’est rare. Après, ce qui me marque dans le milieu libertin, c’est de découvrir les personnalités des gens.

images– Et le Cap d’Agde ?

– Oh pareil, je m’en faisais toute une montagne. Je me disais : « Oh la la. Je ne veux pas y aller. Je ne veux pas y aller. Ça va être la boucherie. »

– Et en fait : pas du tout.

– Non pas du tout. Sauf la première vision que j’ai eue du Cap d’Agde. Je venais de franchir la barrière, je n’étais pas très à l’aise. Il y avait un monsieur qui était appuyé sur un mur, en train de se retirer un caillou dans la chaussure. Et ce monsieur était « blanc fluo », tellement, il était pâle. Il était très vilain. Il avait les couilles qui lui descendaient pratiquement au niveau des genoux : « Ça va être une catastrophe ». Je suis allée me poser à une terrasse, pendant que mon ami allait récupérer les clés de notre location d’appartement. J’ai tourné la tête… je suis tombée sur des messieurs en Marcel, bob, sac à dos, chaussures de sport : « Qu’est-ce que je fais là ». Et j’ai à nouveau tourné la tête, et je suis tombée sur une femme extrêmement bien faite, très belle, perchée sur des plateformes, il était 10h du matin. L’homme qui l’accompagnait était tatoué et piercé de partout : « Wow ! Je vais reprendre un verre de rosé, ça ira mieux ». Et finalement, au bout d’une demi-heure, je me suis foutue à poil, parce que je ne suis pas naturiste à la base. Et c’était parti. Et youpi ! Et c’est top !

catwoman,-michelle-pfeiffer-181035– Oui, au Cap tout est bien, les soirées privées sont tops. Les clubs sont bien. La plage est belle…

– Ah si, j’ai un autre souvenir marquant qui me revient en mémoire. J’étais avec une amie très proche et Alain (son « accompagnateur » le jour où j’ai rencontré V.) sur la baie des cochons (la plage libertine, pour ceux qui ne connaissent pas, j’ai fait un plan ici). Il a lancé « On va visiter les dunes ». C’est hallucinant. Nous n’avions pas fait trois pas, que nous étions suivis par une file indienne de messieurs qui nous suivaient.

– Et c’est vite cent mecs qui peuvent suivre un couple. Même s’ils sont respectueux, la première fois ça te donne une bonne montée d’adrénaline.

– On arrive dans un point reculé, on tombe sur un monsieur avec un plug, étalé sur sa serviette avec sa femme à côté de lui. Nous refaisons trois cent mètres, Alain a demandé « Elle est où la plage gay ? ». Un mec nous dit c’est par là-bas et Alain qui est complètement déjanté lui répond « Vous ne voulez pas vous enfiler là parce que les filles voudraient voir comment ça se passe ». C’était complètement fou.

– Oui moi aussi, je suis allée sur la plage gay juste pour mater.

– Nous avons fait un tour là-bas et puis nous sommes retournées sur la plage près de la mer. Et je me retrouve tête vers le sable et Alain commence à me fesser. Donc évidemment : attroupement.

– Donc : cercle (les mateurs encerclent les couples qui jouent sur la plage, personne ne voit rien de l’extérieur, de fait).

Catwoman– Et je lève le nez et je vois une forêt de pieds. C’était complètement dément. C’est un souvenir très marquant.

– Ce n’est pas vingt personnes autour de toi, mais très vite une bonne centaine.

– C’était très impressionnant, donc du coup, j’ai remis la tête dans le sable. Ça peut être oppressant parce qu’il y a beaucoup de monde. Et en même temps, tu as un espace de sécurité où les gens ne s’aventurent pas. C’est très contrasté.

– Note pour les lectrices et lecteurs : sur la plage, beaucoup de voyeurs ont un sac à dos, parce qu’ils restent du matin au soir sur la plage. En revanche, vous les imaginez certainement assez gros, vieux et moches, mais en fait non. Certains sont bâtis comme des dieux, bien membrés. C’est leur truc d’aller dans les dunes.

– Tu as raison, hier soir, il y avait un black sublime, avec une bite monstrueusement grosse.

– Je crois qu’ils aiment bien les trucs pervers et vicieux, ça les excite beaucoup.

catwoman_by_ellinsworth-d6l443p– C’est bien la perversité et les trucs vicieux. J’aime bien quand les gens n’ont plus de limites. C’est du fun. Si les gens s’amusent, tout va bien. Arrêtez de vous imaginer des choses qui n’existent pas. On peut dire d’une pratique « c’est trop trash », mais il faut ajouter « ça ne me conviendrait pas ».

– C’est très subjectif. C’est comme l’art, on ne peut pas dire « c’est moche », mais plutôt « à moi, ça ne me plaît pas ».

– Tant que tu n’as pas essayé, tu ne peux pas savoir, donc ne juge pas.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Recommandé pour vous
Mon univers

Translate »