Philippe Arlin & l’art d’être « Sexuellement incorrect » pour libérer notre désir

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Philippe Arlin est un sexologue qui vient de sortir un livre « Sexuellement incorrect » aux éditions de La Martinière, avec une préface de Brigitte Lahaie (respect). Et le défi du livre c’est qu’il s’adresse autant aux hommes qu’aux femmes, car dès son titre aux multiples sens, il révèle au fil des pages des trésors de délices sexuels à 360° accessibles à tou.te.s (forcément ça me parle).

Ça sent l’expérience, la maturité, les histoires de patients qui nous sont racontées le sont avec beaucoup d’humanité, ce sont des histoires comme on peut en vivre vous et moi, elles parlent de nous, de nos possibles.

Je vous livre quelques thématiques abordées dans ce livre #CULTE pour voir si ça vous parle à vous aussi :

On est plus qu’un genre

Philippe Arlin constate que les automatismes genrés au sein d’un couple nous amènent au « choix d’une sexualité normée, mais sans
 plaisir, plutôt qu’une sexualité atypique et jouissive. »

Que se passerait-il si nous devenions vraiment acteurs de notre sexualité?

Philippe Arlin connaît très bien son sujet et l’on en ressort prêt à faire l’amour… C’est assez beau.

Pour arriver à ce résultat, l’auteur nous emmène en voyage, il interroge nos croyances sur le sexe, sur nous, sur l’autre, sur le genre (femme / homme), sur la reproduction inlassable (mais non inéluctable) de schémas qui nous enferment dans des rôles, que l’on entretient pour nous, que l’on fait jouer à nos partenaires (on est deux pour construire une relation, on est donc deux pour s’enfermer dans des rôles).

« Cette 
mécanique infernale où, par respect servile et confortable de la
 norme, la victime encourage son bourreau à demeurer bourreau. (…) Est-il vraiment si difficile, et si périlleux, de
 cheminer sur le sentier escarpé du sexuellement incorrect ? » Philippe Arlin, Sexuellement incorrect, p.126

Philippe Arlin parle de ce qui nous rend humain, avant d’être un homme ou une femme. Par exemple, être un homme ce serait être « doux et fort à la fois » comme dit la chanson, mais c’est aussi vrai pour une femme. Il prend le temps de revenir à la biologie, d’expliquer la période où au tout début de la vie, le fœtus est de sexe indéterminé, et comment hommes et femmes, nous sommes faits de la même structure de base. C’est bien de le rappeler.

On est plus qu’un sexe

Bien sûr le livre vise à une sexualité de plaisir, mais il parle aussi de la sexualité reproductive, de l’Histoire sur le sujet, ou plutôt du sens de l’Histoire: alors que l’on part d’une co-dépendance sperme / ovule, les hommes ont envisagé une dépendance d’un sexe envers l’autre (et ça les enferme dans des croyances limitantes comme diraient les coachs).

D’ailleurs à propos de sexe et de génialité, le sujet des « évidences » du porno est abordé :

« les actes y sont systématiquement réalisés par un sexe (et
 pas l’autre), dans un ordre établi une fois pour toutes. La séquence
 « fellation longue – cunnilingus bref – pénétration vaginale – puis
anale – et enfin éjaculation sur la bouche » est ainsi un canevas
 presque universel, qui tend à imposer sa prétendue évidence – pourtant purement cinégénique – jusque dans les chambres à coucher. » Philippe Arlin, Sexuellement incorrect, p. 104

On est plus qu’un coït

Quand Philippe Arlin propose à un couple d’oublier la pénétration pour élargir leur appréhension du corps et de la sexualité, leurs réticences m’ont carrément parues plausibles : « C’est faire l’amour qu’on veut, nous, pas juste se tripoter ! » (Philippe Arlin, Sexuellement incorrect, p. 213)

Du coup, le diktat du « Tu la feras jouir par la pénétration » est très bien détaillé avec ses conséquences :

  • pour les hommes, la pression, les problèmes d’érections sont expliqués de façon très compréhensibles,
  • pour les femmes, avec tout ce que l’on élude en se concentrant sur le vagin (ahhh la femme a du désir… elle a aussi un clitoris et plein de zones érogènes : génial! … Ahhh et on me signale dans l’oreillette que les femmes peuvent découvrir elle-même leur corps par la masturbation… Oh la la, juste deux doigts sur le clitoris et??? Non, c’est pas possible?)

Je plaisante mais les chiffres remettent en cause nos idées reçues sur la révolution sexuelle :

« bien longtemps les femmes n’ont été ni éduquées à percevoir leurs 
envies d’ordre sexuel, ni autorisées à les exprimer. Aujourd’hui, 
passé cette phase répressive, la communication avec leur sexe 
n’est guère plus facile, parasitée qu’elle est par cette lutte inces
sante entre l’injonction procréative et l’impératif orgasmique. Les
 voilà déchirées entre leur rôle (supposé naturel) de mère, et leur 
envie d’être aussi un peu « putain ». Brinquebalées entre ces deux
 polarités qu’elles imaginent (à tort) incompatibles, voire antagonistes » (…). La proportion de femmes adultes se masturbant 
régulièrement (17,9 %) demeure très en retrait de la proportion
 d’hommes (40,3 %) ayant recours à cette pratique autoérotique,
 pourtant reconnue unanimement par mes confrères comme le
 meilleur moyen d’apprivoiser et d’entretenir son désir. » Philippe Arlin, Sexuellement incorrect, p. 150-151

Et pour aller plus loin, j’avoue que je suis complètement d’accord sur l’astuce pour jauger le poids du genre sur une situation : se poser la question « Et si c’était un homme » qui agissait, comment serait-il perçu? … Et inversement :

« Renversons un instant les rôles et les perspectives : une femme 
dont l’anus servirait de terrain de jeu ponctuel à son homme 
enverrait-elle paître pour autant l’intrus ? »  Philippe Arlin, Sexuellement incorrect, p. 172

On peut devenir acteur/actrice de notre sexualité

Bon sur le terrain de la sexualité féminine, la cerise jouissive sur le gâteau à la crème, ce fut pour moi le point clé dont on ne parle pas (enfin, très très peu) dans les lieux de paroles féministes et qui est un point que je défend haut et fort :  j’ai le pouvoir de dire « non », mais ma force c’est de savoir dire « oui » quand j’en ai envie (et oui, savoir dire non, ça se travaille et savoir dire oui aussi) :

« c’est sans doute ce
 qui fait le plus cruellement défaut aux femmes que j’écoute et
 observe à longueur d’année : être celle qui dit Oui la première. 
Être celle qui enflamme la mèche du désir, celle qui initie le rapport, sans attendre le bon vouloir de son partenaire, ni sans rien 
amputer en retour de sa masculinité. » Philippe Arlin, Sexuellement incorrect, p. 152

On peut se laisser porter

Le message de lâcher prise de Philippe Arlin est super zen et plairait beaucoup à Nathalie Vieyra :

« N’attendez pas l’orgasme de votre partenaire comme une sorte 
de passeport pour votre propre plaisir. Ne visez ni la réciprocité, ni
 la simultanéité. Acceptez juste ce qui vient lors des caresses préliminaires, comme cela vient. Ne cherchez pas à contrôler ce qui vous 
arrive ; laissez-vous porter. » Philippe Arlin, Sexuellement incorrect, p. 223

Notre sexualité nous correspond à nous

« Je ne crois pas que chacun d’entre nous soit tenu de tester toutes les positions, toutes 
les caresses ou tous les gadgets érotiques existants en ce bas
 monde. Considérer le sexe comme un vaste supermarché dans 
lequel tout pourrait ou devrait être consommé est selon moi une
 erreur. Parfois même un piège qui détourne des véritables enjeux. (…)

Ne doit être essayé (voire adopté) à mon sens que ce qui nous
 correspond vraiment. Ce qui suscite en nous une excitation ou un
 plaisir réels, loin des diktats de notre partenaire, de notre milieu 
ou de notre époque. »  Philippe Arlin, Sexuellement incorrect, p. 225

Le petit plus du livre, ce sont ces références de pop culture, où je me suis complètement retrouvée, comme le film Shortbus (forcément puisque je le cite aussi dans mon dernier roman!) ou « Dis maman, pourquoi je ne suis pas un garçon? » (Ahhh Mylène… re-forcément!).

Enfin Philippe Arlin nous révèle dans son livre un secret en nous dévoilant  pourquoi ce sont les femmes qui consultent le plus les sexologue : GROS TEASER, je vous laisse lire « Sexuellement incorrect ».

VOUS POUVEZ COMMANDER CE LIVRE EN LIBRAIRIE OU EN LIGNE  : Philippe Arlin, « Sexuellement incorrect » aux éditions de La Martinière

« Et vous, (…) Dans quelle mesure êtes-vous disposé(e)s à changer votre
« programme » sexuel ? Irez-vous jusqu’à faire « mauvais genre »,
 à être « sexuellement incorrect », pourvu qu’un plaisir sans pareil
 soit au rendez-vous ? »


Bonus Pénétration

Laura de l’association Les Chahuteuses vient de faire sa dernière vidéo sur le mythe de la pénétration : les grands esprits se rencontrent !

D’ailleurs, si la vidéo vous plaît,  je vous invite à agir en participant à la campagne d’adhésion et de dons pour cette asso dont les projets fusent. C’est toujours le moment pour vous investir dans une belle aventure… « ET C’EST UNE BONNE NOUVELLE! »


Double Bonus

Philippe Arlin n’est pas n’importe quel sexologue… Revenons quelques années en arrière. Un jour, un vendredi  6 juin pour être précise, j’ai été le consulter, parce que j’étais amoureuse d’un amant (ça vous rappelle peut-être quelque chose ? Non?). Et j’en suis sortie fière d’être épanouie sexuellement. Et oui! Philippe Arlin est à la page 210 de L’infidélité promise… Je n’invente rien, déjà à l’époque j’avais conclu que ce sexologue s’avérait être « un puits de connaissance ». Allez, PRESS REWIND, citation à l’appui :

“Dans la liste officielle des sexperts conventionnés, j’ai eu envie de discuter avec un sexologue et j’avoue que c’est sans doute la meilleure option pour répondre à mes questions. En particulier, je n’ai pas du tout besoin d’expliquer quoi que ce soit sur le candaulisme :

— Votre sexualité nourrit la libido de votre mari, c’est très bien.

Il me fait un cours accéléré sur la sexualité. Tout s’éclaircit, tout devient limpide. Je découvre de nouveaux concepts. Il me parle de l’« hétéronorme » autour de laquelle notre société est construite, et je comprends tout de suite que j’ai été élevée avec le choix des attributs que l’on donne à chaque genre. Ma combi- naison n’est ni complètement aimantée au pôle féminin, ni au pôle masculin, sans doute à peu près comme tout le monde de nos jours. Et ça me place en navigation constante entre les deux pôles :

— De fait, vous êtes « transgenre ».

Sa voix est confiante, son message désinhibant. Une petite voix en moi résonne et me rassure : « Sois fière d’être toi et de choisir ta voie ».

Je me remémore les moments nus au bord des piscines naturistes, mes exhibitions diurnes et nocturnes, quelques amantes et amants. J’ai l’impression que tout est audible et « entendable » pour ce sexologue, qui s’avère un puits de connaissance.” 

J’ai donc lu, dévoré, « Sexuellement incorrect »  en quelques jours.


 

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