Pour se compter fleurette, on parle avec des mots doux à l’oreille, avec de délicates gourmandises. L’imaginaire se nourrit d’images gustatives car c’est bien de sens en éveil dont il s’agit.
En 1963, Colette Renard dans la chanson mythique “Les nuits d’une demoiselle”, employait des expressions joyeuses comme “sucer la friandise”, “picorer le bonbon”, “sabrer la sucette”, “reluire le berlingot”, “gauler la mignardise”, “grossir la cerise”… pour ne parler que des dames. Et pour les beaux messieurs, j’imagine qu’à l’époque “le sucre d’orge” devait être très évocateur.

Mais avouons le, de nos jours, nous n’employons presque plus du tout de mots : on s’envoie des sextos en emojis!

Le Consortium Unicode, qui coordonne le développement des emoji, a presque pensé à tout (volontairement ou non) : on parle de banane, de carotte… et que dire de cette pauvre aubergine si durement boycottée sur internet. Alors du côté des emojis détournés, il nous reste les jolis bonbons, les pulpeuses oranges, les petites cerises, les poires bien fermes, la fameuse pêche aux courbes bronzées, la fraise comme symbole du corps allongé, charnu, mobile qui se trouve dans la cavité buccale. Le cornet de glace n’est pas en reste.
Les sucettes restent en tête également, vestiges de la chanson de Serge Gainsbourg remise au goût du jour par les publicités pour les mini Chupa Chupps avec la plus sage des poupées : Barbie.
Mais la gourmandise se perdra-t-elle à l’heure des relations connectées? Nous verrons bien. Jeanne Cheral a écrit “Les nuits d’une demoiselle 2.0”, où elle chante et ironise sur nos mots amours électroniques : “exporter le .com”, “démonter le bureau”, “appuyer la touche pomme” et “faire exploser le réseau”.
Il nous restera donc la pomme du plaisir originel. Alors en attendant, je vous souhaite plein de créativité coquine et surtout d’avoir la pêche, la fraise et les gouttes d’eau. Yummy!

Et vous, vous parlez sex en emoji?

Petite tentative de traduction non censurée :

Une petite main aux fesses…

Une subite envie de sucer…

Une invitation au rapport bucco génital sur un appareil de type masculin

Inutile d’insister : je n’aime pas la branlette espagnole

Je t’assure, ça glissera tout seul

Oh oui, vas-y fais moi jouir dans ton cul
(je crois que ça veut dire ça, mais là, moi-même j’ai un doute)

Wow, elle est vraiment si grosse que ça?


Bonus les nuits d’une demoiselle


Bonus les nuits d’une demoiselle 2.0